Rapport "L’avenir de la consultation des archives dans la recherche universitaire" (2024)

Dernière mise à jour : 17 décembre 2025

Le Service interministériel des archives de France, poursuivant sa connaissance des publics des archives, a réalisé une enquête sur la pratique des archives par le public des étudiants et des enseignants-chercheurs, en partant du constat de la baisse de cette pratique. L’enquête a été réalisée par Noémie Couillard et Maylis Nouvellon de l’agence Voix/Publics.

L’enquête s’est déroulée en plusieurs phases :

1/ L’analyse plus poussée des résultats concernant les étudiants, recueillis dans l'enquête en ligne menée en 2021 (voir le rapport « Deux milliards de clics. Enquête sur les usagers en ligne des archives ») ; celle-ci fait ressortir trois constats :

  • les étudiants sont présents en ligne pour plusieurs motivations : d’abord pour la généalogie, ensuite pour la recherche universitaire ;
  • ils réagissent et ont des profils proches des plus âgés qui ont les mêmes motivations ;
  • mais ils ont aussi des caractéristiques propres liées à leur génération, notamment pour les pratiques numériques.

Voir l'analyse : Les étudiants, usagers des archives en ligne (2023, 14 p.)

2/ Un questionnaire adressé aux services d’archives nationales, départementales et à un panel d’archives communales et intercommunales, qui a été précédé d’entretiens exploratoires menés auprès de directeurs d’archives et responsables des publics. Le questionnaire portait sur les offres et actions menées à destination des étudiants, ainsi que sur la réception de ces offres et actions culturelles et scientifiques. Il a recueilli 59 réponses.

Voir le questionnaire

3/ Un questionnaire adressé aux étudiants de master, aux doctorants et aux enseignants-chercheurs de diverses disciplines sur leur utilisation ou non des archives pour leurs recherches et/ou pour leurs cours, les corpus utilisés, leur lien avec les services publics d’archives et une évaluation de l’évolution des recherches réalisées à partir de fonds d’archives. Il a recueilli 830 réponses exploitables. 

Sont à disposition les éléments suivants :

Cette enquête donne lieu au rapport « L’avenir de la consultation des archives dans la recherche universitaire » qui analyse les réponses aux deux questionnaires, en deux parties intitulées :

  • « L’accueil et les offres pour les étudiants dans les services d’archives »,
  • « Les usages des archives à l’université ».

Le constat d’une baisse des recherches dans les archives est partagé par les professionnels et les enseignants-chercheurs. Les archivistes considèrent cependant les étudiants comme une catégorie très importante de leurs publics pour développer la recherche académique mais sans pouvoir y consacrer tout le temps nécessaire. Du côté de l’université, l’enquête montre que le lien de familiarité avec les archives se crée dès les illustrations vues en cours par l’étudiant, et se poursuit lors de ses premiers travaux de recherche jusqu’à ses recherches en tant qu’enseignant-chercheur. Ainsi la construction de cette familiarité apparaît comme un enjeu central pour l’avenir de la consultation et des usages des archives dans la recherche académique.

Que ce soit pour les cours ou pour les travaux de recherche, les fonds des services publics d’archives constituent une part majoritaire des corpus utilisés mais plus de la moitié des répondants y mêle des archives conservées par d’autres institutions. Les répondants utilisent à 80% des documents originaux d’archives, tout en ayant un accès en ligne important (65%).

Loin de montrer un désintérêt de l’université pour les sources des services publiques d’archives - en ayant à l'esprit le biais que constitue le panel des répondants, constitué par une grande majorité d'utilisateurs des archives -, l’enquête souligne les conditions complexes et contraintes d’exercice de l’enseignement et de la recherche.

Pour encourager les recherches des étudiants sur les fonds des services publics d’archives, trois pistes principales sont proposées par les enseignants et les étudiants : 

  • l’allocation de bourses choisie par près de la moitié d’entre eux ;
  • l’appel à l’expertise des archivistes pour pointer des (nouveaux) fonds et proposer des sujets de mémoires et de thèses ;
  • enfin, un accompagnement renforcé de la part des archivistes dans la découverte des Archives et le dépouillement des fonds.

Pour renforcer l’usage des fonds par les doctorants et les enseignants, plusieurs mesures se détachent :

  • Du côté des sites internet : la mise en ligne plus rapide des documents numérisés et des instruments de recherche ; une meilleure performance des moteurs de recherche et un peu plus minoritairement des outils permettant d’interroger plusieurs bases de données en même temps.
  • Du côté de la consultation in situ : des conditions d’accueil sur place plus élargies en termes de jours et horaires (pour plus de 40% des répondants).

Consulter le rapport « L’avenir de la consultation des archives dans la recherche universitaire » (2024, 103 p.)

L’enquête sera poursuivie et approfondie en 2024 et 2025.

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