Reconstruire l’avenir après la Première Guerre mondiale. Territoires et habitants du Nord et du Pas-de-Calais

Dernière mise à jour : 3 mars 2026

Une publication des Archives départementales du Nord et des Archives départementales du Pas-de-Calais, 2018, 80 pages

Cette publication accompagne l’exposition itinérante éponyme proposée par les Archives départementales du Nord et par les Archives départementales du Pas-de-Calais. Elle peut être empruntée gratuitement.

La Première Guerre mondiale, par sa durée, son ampleur, l’importance de ses destructions et le nombre de vies sacrifiées, va jeter une ombre durable sur le XXe siècle français. D’autant que la démobilisation des soldats n’est pas immédiate : elle intervient très progressivement, privilégie l’ancienneté des mobilisés et dure jusqu’à la fin 1919 au moins.

Parmi les conséquences directes, on pense tout d’abord aux classes creuses, régulièrement évoquées pour expliquer le recul démographique du pays. Elles apparaissent comme le résultat direct de la disparition de plusieurs poilus (père, frère, fils) dans chaque famille française, à l’image de celle de Louise. Âgée d’environ 25 ans, mère de deux jeunes enfants, elle a vu son époux partir en 1914 à l’occasion de la mobilisation générale et n’en a pas eu de nouvelles depuis, car elle a la malchance de se trouver de « l’autre côté » de la ligne de front, en zone occupée, à Lille dans le Nord.

Il y a ensuite les destructions matérielles massives qui vont nécessiter de longues années de reconstruction, tout en donnant l’occasion de moderniser la région. Les routes et mines sont largement inutilisables, les champs à l’abandon et les villes en ruine. C’est particulièrement vrai le long de la ligne de front où la « zone rouge » atteint plusieurs kilomètres de large par endroits. C’est pourtant là qu’habite François avec sa famille. Il a 35 ans environ au sortir de la Grande Guerre : il a fait ses « trois ans » comme tous ceux de la classe 1905, a été rendu à la vie civile vers 1908 et s’est placé dans les mines. À la mobilisation générale, il lui a fallu rendosser l’uniforme et si les grandes offensives du printemps 1918 l’ont ramené non loin de chez lui, il n’a pas eu l’occasion de revoir les siens.

Retrouvez les inventaires des Archives départementales du Pas-de-Calais.

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