Le commerce triangulaire et la traite négrière rochelaise
Dernière mise à jour : 30 août 2023
Un dossier pédagogique des Archives départementales de Charente-Maritime, 2013, 36 pages
Affréter des bateaux dans les ports d’Europe pour aller acheter des esclaves sur les côtes d’Afrique, puis les transporter en Amérique pour les y revendre : tel était l’effrayant trafic d’êtres humains entre ces trois continents qu’on appelle traite négrière, auquel se livrèrent la plupart des pays européens entre le XVIe et le début du XIXe siècle. Les Français la pratiquèrent également pour fournirent en main-d’œuvre les plantations de leurs colonies des Caraïbes. Du fait de son importance, le port de La Rochelle y contribua particulièrement, devenant au XVIIIe siècle le deuxième port négrier de France.
L’objet de ce dossier pédagogique est de faire comprendre le fonctionnement de la traite négrière rochelaise dans toute sa complexité, et au plus près de ce qu’elle a vraiment été, à partir de documents originaux de l’époque. Plans, dessins, gravures, journaux de bord, lettres, livres de compte… tous issus des fonds conservés aux Archives départementales de Charente-Maritime, qui témoignent de ce commerce en apparence ordinaire, mais où affleurent la dureté des conditions de transport, la mortalité effroyable qui régnait sur les bateaux, ou la prise de conscience progressive de l’inhumanité de ce commerce.
Quelle était l’importance de cette activité à La Rochelle et sa part dans la prospérité de la ville ? Quelles étaient les motivations de la traite pour ceux qui s’y livraient ? Comment les Européens se procuraient-ils des esclaves ? Comment se déroulaient les traversées ? Dans quelles conditions l’équipage et les captifs voyageaient-ils ? Ceux-ci tentaient-ils d’échapper à leur sort ? De quelle manière s’est préparée progressivement l’abolition de la traite négrière ? Telles sont les questions auxquelles ce dossier tente d’apporter des éléments de réponse.
Les documents originaux permettent ainsi aux enseignants de faire réfléchir leurs élèves sur cette page de l’histoire, en les confrontant aux témoignages laissés par des hommes qui l’ont vécue : depuis l’émouvant récit d’une révolte d’esclaves à bord du navire La reine de Podor en 1787, ou celui de la mort en mer d’un mousse de quinze ans en 1772, jusqu’à la froide comptabilité des registres où les Noirs sont dénombrés comme des têtes de bétail, et appelés « nègres » ou « pièces d’Inde ».
Les derniers navires négriers partirent de La Rochelle au début de la Révolution française, avant que l’insurrection des esclaves de la très riche Saint-Domingue (actuelle Haïti), puis l’abolition de l’esclavage en 1794, ne portent un coup d’arrêt définitif à la traite rochelaise.
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