Henri IV et la reconstruction du royaume
Dernière mise à jour : 20 avril 2026
Une publication des Archives nationales et de la Réunion des musées nationaux, 1989, 431 pages
Cet ouvrage est le catalogue de l’exposition organisée au Musée national du château de Pau de juin à octobre 1989 et aux Archives nationales de novembre 1989 à février 1990 par les directions des Musées et des Archives de France, à l’occasion du quatrième centenaire de l’assassinat d’Henri III.
Avec la mort d'Henri III, prenait fin la lignée des Valois-Angoulême qui régnait depuis François Ier. Pour la première fois, un roi de France moiurait sous le scoups portés par un de ses sujets. Un tel crime, inconcevable quelques siècles plus tôt, s'explique par le climat de violence que connaît la France dans cette deuxième moitié du XVIe siècle. La crise de succession qui s'ouvre en 1589 n'est pas la première que connaisse le royaume. Chaque fois qu'un roi est mort sans laisser un héritier direct, il s'est trouvé des princes pour jouer les arbitres et reprendre une partie du pouvoir lentement acquis par la monarchie. Lorsque prend fin au XIVe siècle la lignée des Capétiens directs, quelques grands principes demeurent encore à établir, que la crise contribuera à faire reconnaître comme fondamentaux pour la succession la Couronne de France. A la mort de Henri III, ces mêmes principes de masculanilité et de primogéniture désignent sans ambguïté le roi Henri de Navarre, un Protestant. La crise ne trouvera son terme qu'après une reconquête militaire de son royaume par celui qui devient Jenri IV, et par une abjuration qui scelle la reconquête. Le sacre de Chartres consacre dans les mentalités cette reconnaissance du roi par le royaume, et l'entrée dans Paris en 1594 manifeste à la fois la victoire et l'unité retrouvée par l'adhésion d'une capitale jusque-là rebelle.
Le premier des Bourbons entreprend alors la reconstruction du royaume, aidé de tous, de ceux qui ont été ses compagnons d'armes comme des ligueurs qui se sont ralliés. Lentement, la division religieuse tend à s'estomper. Reprenant une pratique déjà chère aux premiers Valois, le roi met à profit le culte de la royauté et l'amplifie par une habile propagande. L'art et la littérature en témoignent à l'envi, dans le secret des maisons comme à l'horizon des villes. Durant ce règne de vingt-et-un ans qu'interrompera en mai 1610 un autre assassinat, c'est la France classique qui commence de naître.