Louis XVIII et les Affaires étrangères
Dernière mise à jour : 7 novembre 2025
Une publication des Archives diplomatiques, 2024, 69 pages
Louis-Stanislas-Xavier naît à Versailles le 17 novembre 1755. Il est le second fils du Dauphin, fils de Louis XV, et se retrouve très tôt dans la situation de second héritier au trône, après son frère aîné, le futur Louis XVI. Son destin, tel que son grand-père l’imagine, est celui d’un prince de la maison de Bourbon, voué à renforcer les alliances de la France dans l’intérêt de la dynastie et du pays. Titré comte de Provence, le jeune prince n’a pas la faculté de se forger son propre parcours et suit le chemin tracé par le souverain. Sa vie suit les règles de la cour, savamment mise en scène par l’étiquette héritée de Louis XIV, et son insertion dans la vie diplomatique coule de source de par son statut : sa maison princière inclut son propre introducteur des ambassadeurs, et son statut d’héritier du trône en second en fait une personnalité aussi courtisée qu’observée.
Après le mariage de son aîné avec Marie-Antoinette en 1770, qui consolidait l’alliance autrichienne décidée par Louis XV et ses ministres dans les années 1750, Louis-Stanislas se voit contraint, par le système international alors suivi par la France, d’épouser à son tour une princesse d’un pays allié. Le choix se porte sur la Savoie en 1771, et le comte de Provence partage dès lors son existence avec Marie-Joséphine-Louise de Savoie. Ce couple, de pure convention, s’avéra assez mal assorti, et n’eut aucun enfant malgré des tentatives répétées dans ses premières années de vie matrimoniale. Les deux époux finirent chacun par prendre favoris et favorites, et leurs routes divergèrent durant la Révolution. Le frère de Louis XVI nourrissait de surcroît de réelles ambitions politiques, bien notées par les diplomates étrangers, mais, en raison du système politique qui ne lui attribuait aucun pouvoir direct, son influence sur les affaires demeura à peu près nulle jusqu’à la Révolution. Cet état de fait ne fit que rendre plus aigres ses relations avec Louis XVI et Marie-Antoinette, qu’il estimait peu. Après 1789, le prince dut cependant sortir de la voie aisée mais décevante que lui traçait la tradition monarchique, pour progressivement endosser un rôle d’une toute autre ampleur. De cette première jeunesse, il conserva toutefois toute sa vie un sens mordant de la répartie et un humour féroce forgé dans les salons de Versailles.