Réjouissances et déviances en temps de foire

Dernière mise à jour : 18 mai 2026

Une publication réalisée avec la participation des Archives municipales de Provins, 2024, 95 pages

Au Moyen Âge, lors des foires et marchés, des transactions se concluaient, des dettes se contractaient, des devises se changeaient et s’échangeaient. Les hommes et les femmes venaient aussi « faire la foire », se divertir, c’est-à-dire au sens propre se détourner de leur quotidien. Les activités économiques et financières s’accompagnaient en effet de festivités, banquets et autres réjouissances, à propos desquels les historiens et historiennes ne sont pas toujours bien renseignés, faute de sources. Celles-ci sont plus nombreuses pour documenter les délits et crimes qui marquaient aussi ces foires. De tels rassemblements d’hommes et de capitaux créaient des opportunités pour les brigands et autres bandits de grands chemins, d’autant plus que les marchands voyageaient parfois longtemps avant d’arriver sur le lieu de la foire et que, malgré le conduit que leur accordaient certains princes, ils étaient alors des proies faciles à détrousser. Sur le champ de foire, les esprits pouvaient aussi s’échauffer, les insultes fuser, celles-ci constituant d’ailleurs parfois des stratégies commerciales ou reflétant les rapports de force et tensions au sein du milieu marchand. Enfin, les foires constituaient un lieu privilégié pour des activités que la morale chrétienne réprouvait et jugeait déviantes, comme les jeux de hasard et la prostitution, même si elles étaient dans les faits plus ou moins tolérées selon les régions et les époques.

Cet ouvrage rassemble cinq contributions, traitant de l’Aragon, de Bologne, de la Bourgogne, de la Castille, de la Champagne et de la Flandre, du XIIe au XVe siècle.

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