Musée des documents français. Nouveau fonds.
Date :
1101 - 2100
Contenu :
Le musée des Archives nationales connaît ses prémices avec le « Musée sigillographique » de Jean Antoine Letronne - Garde général des Archives de 1840 à 1848 -, qui expose dans la salle des gardes, à partir de 1847, quelque 13 000 empreintes de sceaux. Dès 1861, à l’instigation du nouveau directeur des Archives, Léon de Laborde, une commission est constituée afin de sélectionner des documents produits par des institutions ou des personnalités françaises et concernant exclusivement le territoire national. Le choix des pièces de ce « Musée français », qui constitue « l'ancien fonds » de la sous-série AE/II, répond à deux considérations : présenter un « abrégé de l’histoire de France » à travers les « monuments écrits de la Patrie » et rendre sensible l’évolution de l’écriture, des supports et des conventions diplomatiques. Pour créer ce parcours de visite, Laborde et ses collaborateurs travaillent au repérage et à la sélection des documents. Il faut 46 séances, échelonnées sur six ans, pour réunir plus de 1 800 documents qui sont installés au premier étage de l’hôtel de Soubise, dans les appartements de la princesse restaurés à cet effet. Le 19 juillet 1867, le musée des Archives est inauguré. Les documents sont présentés au public selon un ordre strictement chronologique, des Mérovingiens jusqu’à Napoléon Ier. Mais le musée peine à trouver son public et, comme le souligne Jules Guiffrey, « on ne tarda pas à s'apercevoir, [...], qu'un nombre aussi considérable de pièces manuscrites, quelque fût leur intérêt historique, fatiguait bien vite la curiosité des visiteurs ». En 1891, décision est donc prise de réduire drastiquement le nombre de documents exposés entre 600 et 700 pièces. Cette politique se poursuit, après la Première Guerre mondiale, lors de la réinstallation des documents dans les vitrines, puis dans les années 1938-1939 à l’occasion d’une nouvelle réorganisation du musée qui prend alors le nom de Musée de l'Histoire de France. Certains documents sont alors réintégrés dans leur série d’origine, tandis que d’autres rejoignent la réserve du musée. La dernière campagne de réintégration a lieu en 1996, au moment de la fermeture provisoire du parcours permanent du musée pour des raisons de conservation préventive des documents.
Le « nouveau fonds » du musée :
Au cours du XXe siècle, parallèlement à la réduction des AE/II « historiques », le musée s'enrichit de documents qui alimentent le « nouveau fonds ».
Cet accroissement s’explique en partie par l'ouverture du musée sur l'histoire contemporaine. Dès 1937, on peut visiter, au rez-de-chaussée de l’hôtel de Soubise, une section couvrant les périodes de la Restauration à la Première Guerre Mondiale. À partir des années 1978-1979, est présentée dans la salle des gardes une exposition permanente de 71 documents majeurs de l’histoire de France allant des mérovingiens jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Parcours renouvelé dans les années 80 par la présentation de 100 documents qui marquent les grandes articulations de l'histoire de France, depuis les Mérovingiens jusqu'à Charles de Gaulle.
Mais dès les années 50, on constate que les salles d’expositions permanentes perdent de leurs attraits auprès des visiteurs. L’action de Régine Pernoud alors à la tête du musée se porte sur une pédagogie active de l’histoire avec la création d’un service éducatif et le développement des expositions temporaires : « Nous avons donc eu l’idée de faire préparer par le Service éducatif de petites expositions mises en tout temps à la portée des maîtres et des élèves, et qui se présentent sous forme d’un ensemble de documents - une quinzaine en général - relatifs à une question du programme ». Entre 1948 et 1959, une trentaine d’expositions sont ainsi organisées.
Son successeur Jean-Pierre Babelon (1957-1978) poursuit cette politique en développant les grandes expositions aux « sujets mettant en cause la vie des hommes, leurs problèmes et leurs aspirations ». Les sujets historiques - « Les droits de l'Homme. Histoire des droits et des libertés en France » (1969), « Louis-Philippe. L'homme et le roi, 1773-1850 » (1974-1975) - alternent avec les sujets d’histoire sociale - « La Belle Époque (1900-1910) » (1972), « La vie quotidienne à Paris dans la seconde moitié du XVIIIème siècle » (1973), - et religieuse « Les Débuts de la réforme en France » (1959). Parallèlement à ces expositions ambitieuses, il crée à l’usage du public scolaire un second format d'exposition autour de quelques documents.
Durant ces années, les expositions temporaires participent à l’alimentation du « nouveau fonds ». Parmi les documents exposés, issus des différentes séries des Archives nationales, certains sont intégrés dans le « nouveau fonds » qui s’accroît donc au fil des différents projets culturels et éducatifs de « grands documents » de l'histoire de France, mais aussi de documents plus anecdotiques remettant les grands évènements dans leurs contextes historique et social.
Le « nouveau fonds » se distingue également du fonds historique par le volume des documents iconographiques qu'il comporte - cartes, gravures, caricatures, affiches, photographies, journaux illustrés, cartes postales, etc. – vraisemblablement acquis à des fins d'illustration et de documentation.
Le « nouveau fonds » s'est essentiellement développé dans la seconde moitié du XXe siècle. Il reste cependant ouvert et s'enrichit ponctuellement de dons, de legs et de quelques acquisitions ; ces dernières étant pour l'essentiel liées à l'histoire du quadrilatère des Archives nationales et aux anciens propriétaires des lieux. En 2019, sont ainsi acquis deux volumes des œuvres de Lactance ayant appartenu au Cardinal de Rohan (AE/II/4271) et plus récemment, en 2024, un dessin préparatoire de Natoire pour le cycle de psyché (AE/II/4294), ensemble peint conçu pour décorer le salon de la princesse de Soubise, au premier étage de l'hôtel.
Cote :
AE/II/1580-AE/II/4297
Publication :
Archives nationales (France)
2025
Pierrefitte-sur-Seine
Informations sur l'acquisition :
Documents extraits de leur série d’origine, achats, dons ou legs.
Lorsque les modalités d'entrées n’ont pas été renseignées dans l’inventaire manuscrit, la mention " non documentées " a été portée dans l'instrument de recherche.
Historique de conservation :
Le « nouveau fonds » du musée se distingue de l’« ancien fonds » (AE/II/1 à 1579), qui forme une suite chronologique continue depuis les Mérovingiens jusqu'à 1815, par son mode de classement. Le classement chronologique est abandonné au profit d’un numéro d’entrée.
Conditions d'accès :
Les documents sont librement communicables sous réserve de restrictions apportées par leur état matériel.
Conditions d'utilisation :
Selon les termes de la loi du 15 juillet 2008.
Description physique :
5719 pièces (état de la saisie dans le SIA le 06/12/24)
Ressources complémentaires :
AE/II/1580-AE/II/4292 : Musée des documents français. Nouveau fonds (documents de 1111 à nos jours). Inventaire analytique manuscrit commencé par Léon Lecestre en 1896 puis tenu à jour.
Références bibliographiques :
- Jules Guiffrey, Catalogue sommaire du Musée des Archives nationales, Paris, 1893, in-12, 126 p. Rééditions augmentées en 1911, 1930 et 1939, sans nom d'auteur.
- Régine Pernoud, « L'expérience pédagogique du musée de l'Histoire de France », in Museum International, 1952, vol. 5, pp. 217-224.
- Musée de l'Histoire de France. Tome II : Salle du Moyen Âge, Catalogue par Jean-Pierre Babelon, Paris, 1960, in-12, 92 p., XII planches (Archives nationales).
- Musée de l'Histoire de France. Tome III : Salles consacrées aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, Catalogue par Jean-Pierre Babelon, Paris, 1958, in-12, 100 p., XII planches (Archives nationales).
- Musée de l'Histoire de France. Tome IV : Salle de la Révolution français e, Catalogue par Jean-Pierre Babelon, Paris, 1965, in-12, 100 p., XII planches (Archives nationales).
- Centenaire du Musée de l'Histoire de France. L'œuvre du marquis de Laborde aux Archives nationales. Catalogue par Jean-Pierre Babelon, Archives nationales, 1968, in 12°, 46 p., 203 numéros.
- Mémorial de l'Histoire de France, Paris, 1980, in-4°, 216 p., 99 planches (Archives nationales).
- Jean-Pierre Babelon, "Le Musée de l'Histoire de France aux Archives nationales à Paris". In: La Gazette des archives, n°139, 1987. pp. 260-265.
- Le musée sort de sa réserve. Archives nationales, 2004. Livret de visite. Tomes 1 et 2.
- Ariane James-Sarazin et Elsa Marguin-Hamon, Grands documents de l’histoire de France, catalogue réalisé à l’occasion de l’exposition Florilège, 50 documents qui ont fait la France, organisée par les Archives nationales, 17 octobre 2007 - 14 janvier 2008, in-8°, 125 p.
- Sylvaine Desponds, Le musée des Archives nationales 1867-2005, École du Louvre : mémoire de recherche en muséologie sous la direction de Mme Cécilia Hurley-Griener, 2014, 152 p.
Localisation physique :
Paris
Organisme responsable de l'accès intellectuel :
Archives nationales de France
Identifiant de l'inventaire d'archives :
FRAN_IR_058398
Contexte de la notice :
Service d’archives : Archives nationales
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