Les Huguenots
Dernière mise à jour : 6 juillet 2025
Une publication des Archives nationales, 1985, 223 pages
Cet ouvrage est le catalogue de l’exposition présentée aux Archives nationales à l'occasion du tricentenaire de la révocation de l'Édit de Nantes.
Présenter au public une exposition de documents historiques à l’occasion du troisième centenaire de la Révocation de l’Édit de Nantes peut sembler à divers égards un propos surprenant et une entreprise inutile. Faut-il célébrer l’anniversaire d’un événement que tout le monde s’accorde à considérer comme une erreur ? Faut-il ajouter à l’abondante littérature que ce moment de l’histoire et ses conséquences ont suscité et continueront de provoquer ?
Au vrai, une exposition historique n’est pas le dossier constitué par l’historien pour l’élaboration d’un livre. Chantier de l’histoire tout autant que l’ouvrage rédigé, l’exposition tient un autre rôle dans l’éternel dialogue de l’homme et de son passé. Le livre ou l’article offre à son lecteur le fruit d’une pensée qui se propose. L’exposition veut permettre à son visiteur d’engager lui-même son propre dialogue avec la mémoire commune des hommes, de poser lui-même les questions que suscite en son esprit la découverte du matériau brut, de faire face aux questions que lui posent son passé et celui des autres.
Illustration de l’histoire, bien sûr, une exposition comme « Les Huguenots » trouve naturellement sa fonction dans le contrepoint où l’intelligence des hommes mêle les certitudes affirmées et les heureuses lacunes de la connaissance et du jugement. Ce sont ces lacunes qui laissent entrevoir à qui s’interroge sur les temps écoulés tout ce qu un jugement sur le passé comporte de présomption et tout le chemin qui reste à parcourir pour comprendre vraiment ce que nous sommes et d’où nous venons.
Bien plus qu’un simple souvenir ou qu’une fraternelle célébration, l’exposition que voici conduira nos contemporains à s’interroger sur un moment de la conscience humaine. Choisir, juger, c’est le droit du visiteur. Les organisateurs n’avaient qu’un droit éclairer l’intelligence des femmes et des hommes de bonne volonté.