Document d'archives : Témoignage d'une femme née dans les années 1960, épouse d'un employé des Forges et chantiers de La Seyne-sur-Mer, elle-même...

Titre :

Témoignage d'une femme née dans les années 1960, épouse d'un employé des Forges et chantiers de La Seyne-sur-Mer, elle-même salariée des Chantiers, au sujet de leurs expériences professionnelles dans l'entreprise

Contenu :

L'informatrice, auxiliaire de vie, épouse et fille d'employés des Forges et chantiers navals de La Seyne-sur-Mer, est née en 1960 et a deux filles. Avec un BTS de secrétaire de direction, elle est embauchée en tant que secrétaire au service Réparations Navales des Chantiers (de 1981 à 1986) après un stage. Son père, ancien marin, était surveillant aux entrées (de 1976 à 1985). Son mari, entré en apprentissage vers 13-14 ans sur concours, était à l'école des apprentis, il a présenté le CAP puis il a préparé le Brevet Professionnel en cours du soir. L'informatrice rencontre son mari aux Chantiers navals de La Seyne-sur-Mer. C'est un stage qui lui permet d'entrer aux Chantiers, puis elle obtient un CDD suivi d'un CDI en 1983. Elle travaille dans un service autonome, où son travail est reconnu et les augmentations sont faites spontanément. Les Chantiers navals à l'époque sont très organisés, les protocoles sont nombreux. C'est une grosse structure où il faut respecter les règlements. C'est parfois un peu lourd. Les conditions de travail des ouvriers sont difficiles (insalubrité, danger, pas de confort, travail de nuit). Les augmentations sont à l'appréciation du chef de service. Son mari, très indépendant, n'a jamais eu d'augmentation car il ne restait jamais assez longtemps dans les services. Les syndicats et la structure n'appréciaient pas trop ce genre de comportement indépendant. Il y avait une ambiance familiale, les gens étaient pris en charge, tout était réglé sur place, nombreux étaient ceux qui étaient très spécialisés. Elle pense que certaines décisions des dirigeants ont mené les Chantiers navals à la faillite, dans le contexte de mondialisation, avec de mauvais choix. Elle pense que les ouvriers étaient très qualifiés et que le savoir-faire a été perdu. A la fermeture des Chantiers, de nombreux drames se sont produits : divorces, suicides, ruine de ménages qui avaient investi dans un commerce à La Seyne-sur-Mer. L'informatrice et son époux décident avec la prime de licenciement d'acheter un commerce dans les Alpes. Son mari entreprenant n'a aucun problème d'adaptation. Il est actuellement comptable. Ils reviennent après 12 ans à Six-Fours-les-Plages ayant revendu leur commerce. Elle devient auxiliaire de vie. Il y a 20 ans, ils gagnaient plus que maintenant. Elle évoque cette époque avec une certaine nostalgie. L'ambiance pouvait être extraordinaire : son mari a repris des contacts du bureau d'étude et ils font régulièrement des repas ensemble. Elle regrette aussi ce que les grandes entreprises manquent. Les anciens pouvaient et savaient transmettre leur savoir aux jeunes arrivés. Les petites entreprises ne peuvent pas se permettre ce que font les grandes entreprises. Le mari présent n'intervient pas dans l'entretien.

Cote :

MMSH-PH-3354

Description physique :

Information matérielles :
Enregistrement sonore, transcription, fiche d'information et fiche de l'entretien
Importance matérielle :
Durée : 1h 15min

Ressources complémentaires :

Voir leur second entretien dans le corpus sous la cote MMSH-PH-3355

Type de document :

entretien

Où consulter le document :

Maison méditerranéenne des sciences de l'homme (MMSH) - Secteur Archives de la recherche

Maison méditerranéenne des sciences de l'homme (MMSH) - Secteur Archives de la recherche

Liens